Groupe V A I S S E A U  
 
CREDO
 
UN CREDO PARMI D'AUTRES
...Mon credo ?

Fondateur du groupe Vaisseau, donc souvent interrogé sur les fondements de cette initiative, j'ai répondu de façon diverse. Je le ferai encore ici.


Argumenter pour défendre le bien fondé d'une initiative visant à changer de procédure dans l'aménagement des espaces publics exige un texte assez dru que je devrais éventuellement publier un jour. Ici je me permets des raccourcis, ceux que facilite l'énoncé d'un credo., encore que ...

J'aborde la question du rôle des nouveaux artistes plasticiens dans la cité en enjambant l'opposition souvent prononcée entre les esprits dits réalistes et les esprits dits intuitifs.

ANALYSE OU INSPIRATION ? Ces deux fonctions ne sont pas incompatibles, à condition de bien les articuler. Premier écueil à éviter: classer les gens dans deux catégories devenues boucs émissaires: on serait soit un matérialiste, soit un spiritualiste. Chacun n'at-til pas envie de connaître le détail des choses, donc le "comment" mais aussi de comprendre le "pourquoi"de son existence, la "signification de ce bordel de cosmos !". Oui, certains préfèrent commencer par le détail et d'autres par l'ensemble . Les premiers ne jurerons que par la "rationnalité d'abord" alors que les second invoqueront une communion universelle. Les premiers seront gagnants dans un premier temps, puisqu'ils utilisent un instrument d'expression clarifié, purifié, alors que les seconds commenceront dans une espèce de divagation soumise à aucune logique apparente. Le résultat des premiers est efficace mais pipé d'avance à moins d'un accident, une rupture inopinée. Pour les seconds les résultats se font attendre mais ils sont plus ouverts à une fondation nouvelle. Pourquoi ne pas allier les deux...

Ces deux fonctions, celle de l'esprit crititque, et celle d'une perception holistique sont-elles
antinomiques ? A mon sens non. Quand le champ de la conscience s'élargit, on perçoit la capacité analytique comme flottant dans un état de perception communicative avec l'univers. Le centre de gravité n'est plus retenu dans le cadre abstrait des idées générales mais semble pouvoir prendre place partout. L'ESPACE EST VIE. Si la vie est partout, où est l'origine ? Même si ce genre de postulat fait problème point n'est besoin de perdre son esprit critique, ni de prendre des positions personnelles tout à fait singulières.
LES INTELLECTUELS...
LES RESPONSABLES DE LA CULTURE...

Les intellectuels avides d'hégémonie s'écharpent dans les chambres obscures de la culture. . On joue masqué pour cacher des raisons inavouables visant une situation de pouvoir. Comme "rien n'est simple", la complication a bon dos.En réalité il s'agit d'une médiocrité qui se cache dans les complications. Nos démocraties souffrent et grincent de douleur; elles auraient besoin d'une sérieuse attention, voire une réévaluation des valeurs, mais les intellectuels " n'ont plus le temps à consacrer à ces questions".C'est domageable pour tous et en particulier pour la culture.

. Grâce à mon intitiative qui vise l'espace public,un bien public à améliorer, je découvre à quel point les esprits sont crispés et concentrés au seul renforcement de leurs positions dans les parties de la société qui se réservent de bons salaires sans offrir les prestations correspondantes. . Cette hypothèse de départ explique bien des disfonctionnements.

Essayez vous-même ! Elever le débat déclenche une activité fébrile ou un silence de mort,voire des signes d'énervement ou de moquerie. Il est par exemple très difficile de faire admettre que notre pyramide éthique a été étêtée des deux commandements de base que Moïse a écrit (deux fois) sur sa montagne. J'avais oublié que la question de Dieu était devenue tabou, qu'on la réduisait à une bagarre entre créationistes et darwinistes..On devrait pourtant s'intéresser à la formation des valeurs éthiques qui conduisent nos sociétés. Le fait de refuser les deux premiers commandements( aimer Dieu et son prochain) a-t-il ou non de l'importance ? Y a-t-il oui on non confusion dans l'ordre des valeurs? Il est pourtant simple d'aligner des qualités que nous voudrions voir régner ensemble soit par ex.
La liberté, l'amour, le pardon, la justice, la vérité, la pensée spirituelle et la création

. Accepter de considérer comme pertinentes les injonctions des textes prophétiques de la Bible et du Coran permet de sortir du cercle infernal des banalités et de comprendre par exemple ce genre d'affirmation. "..l'égalité en dignité ici et maintenant, immédiatement.." Le "ici et maintenant" remet en question nos procédures pour aller vers le bien. La question est, peut-on faire le bien immédiatemment ou faut-il préparer les conditions pour réussir à faire le bien. Nous pouvons probablement faire les deux ensemble, tout étant une question d'équilibre. Et dans la pratique on sait bien ce qu'est le revenu minimal, ou la faim, ou le trop de travail.. Discutées ces questions inciteraient à modifier bon nombre de nos habitudes et procédures en démocratie.

Je peux en dire autant concernant le rôle de la vraie beauté dans nos programmes politiques. Elle y est comme un corps étranger. comme si la vie politique n'avait rien à faire avec la beauté. Cela signifie que l'éthique, les lois et le pouvoir ne tiennent pas compte de la primauté d'une âme en état de création qui est le seul moyen de n'être pas aliéné, donc de ne pas s'éprouver, se sentir et se savoir aliéné.

D'un autre côté nos connaissances ont progressé. Elles permettent d'accepter une approche holistique, donc de considérer la planète comme un espace en lui-même vivant, en relation intimes avec toutes les vies du cosmos. Cela suffit pour reconnaître intuitivement que la beauté sous forme de résonnances harmoniques est nécessaires à la vie ou à l'expression de la vie. Est-ce que la politique ne cherche pas à harmoniser les nombreuses composantes sociales? Pensez-vous qu'une politique qui favorise l'affreux joli , donc la laideur a des chances de s'en sortir ?
OÙ EST DIEU ?
POUR CONTRER L'ALIÉNATION, FAISONS INTERVENIR LE MOMENT D'INSPIRATION NÉCESSAIRE À LA CRÉATION

Un artiste plasticien saisit immédiatement cela, même si la question de Dieu reste floue. A mon sens, éviter la question de Dieu, c'est être obligé de faire mille détours. Est-ce intelligent ? Admettons que ceux qui ont été scandalisé par les exactions commises par les trois pouvoirs de l'église, du politique et de la justice nous retiennent par décence de de prononcer le nom de Dieu, alors nous pourrions commencer par oser postuler une "création ensemble", " en atelier urbain" et dans l'espace public, visant le bien des gens. Bref, le tout gros morceau, une énormité dans le landerneau de la bien-pensance, mais aussi une ouverture vers un nouvel horizon. Et alors, tout naturellement apparaitra une nouvelle perspective qui réactualise complètement " la question de Dieu". L'écrivain qui a mon sens le plus franchement abordé la question est Michel Potay (la révélation d'Arès)

Toujours en prise avec ce projet qui se développe sous le nom de groupe Vaisseau, il m'est tout de suite apparu qu'il faudrait former des petites poches, des cellules, des endroits un peu protégés qui puissent être travaillés à proximité d'une table de travail, d'un bureau, d'un atelier. C'est l'idée de l'atelier urbain. Il permettrait d'opérer essentiellement "par petit pas" comme se le disait Victor Hugo en fin de vie.
Il m'importe que notre initiative puisse démarrer pas à pas pour bien orienter les opérations, bien articuler le point d'équilibre dynamique dans un espace ouvert à toutes les tempêtes du politique et de l'économique. Nous devons aussi pouvoir prendre le temps pour que tous les acteurs concernés comprennent et puissent prendre des initiatives à leur manière. L'action en espace démocratique demande beaucoup d'aller-retour, beaucoup de consultations et beaucoup de champ libre dans un minimum d'espace.

Il y aura dans cette activité toujours de nombreux protagonistes, ce qui oblige à limiter le champ d'action: donc des micro-territoires. L'imagination permet de prévoir un certain nombre de problèmes mais les limites sont vite atteintes. Et la limite est existentiellement celle de l'individu en contact avec son entourage direct, quelques personnes, avec lesquelles il faut pouvoir partager des choses qui sont proches du moment d'inspiration qui est et reste individuel.

Tant qu'on évite de prendre en compte la "Parole de Dieu données par les prophètes", parole qui dépasse notre entendement mais que nous reconnaissons instinctivement ou intuitivement comme vraie, nous sommes obligés de nous appuyer sur les connaissances actuelles. Elles ne permettent pas rationnellement de "mettre ensemble les moments d'inspiration".

Par contre lorsqu'on reconnaît comme il est dit dans le Livre des prophètes que la construction de l'âme est création par excellence, dans la lumière de la vérité,du partage,de la justice, du pardon, de l'intelligence spirituelle et de la liberté, alors on voit poindre un monde encore inexploré qui laisse entrevoir des développement considérables tout en valorisant des agissements en tout petit dès aujourd'hui: hic et nunc...
A condition de réécouter soigneusement ce que Dieu nous dit depuis si longtemps.
UNE INTELLIGENTSIA à NOUVEAU ACTIVE...
UNE OPINION CONDUITE à NOUVEAU PAR L' INTELLIGENTSIA....


Cela sous-entend que la vision planétaire et l'agir local peuvent être compatibles, qu'on est capable dans l'opinion publique de garder la vision tout en favorisant des étapes limitées et progressives. Par petites touches nous pourrions alors opérer une transfiguration progressive en fonction de tous les critères présidant à l'aménagement. Et il faudra sans cesse invoquer le critère ultime et primoridal, directement lié à la question de la dignité des êtres humains, à savoir la présence active et constante du
RYTHME DES SUJETS EN ETAT DE CREATION, donc en train de construire leur âme.
Cette phrase contient beaucoup puisque le mot "sujet" est au pluriel. Il s'agit bien d'aborder la création en formation de groupe.

La question est : le rythme qui provient de l'intimité est-il compatible avec une matière sociale....
De cela découle immédiament la question suivante : le processus de création peut-il être lui-même vécu en partage. Aujourd'hui je répond oui, en partie, mais pour comprendre le pourquoi il faut aborder la question du "contact avec l'ange"-Et c'est pour cette raison aussi que j'ai affirmé tout au début qu'il me fallair concilier les approches rationnelles et intuitives , les voir comme complémentaires à l'intérieur d'un même individu. Je le répète cela est plus facile pour un artiste plasticien. Pourquoi ? Parce qu'il voit presque Dieu dans la matière. Il a un rapport tout a fait intime avec les matières informes, molles, gluantes, collantes, cristallisantes. Il modèle, brasse, caresse, lèche avec son pinceau, tape, trace, triture construit et déconstruit, bref cherche son chemin directement dans la matière. Et cette dernière ne fait pas de cadeau. Ce qui ne respecte pas la loi de la gravitation tombe, ce qui ne respecte pas les temps de séchages, se désagrège, une frappe de trop et ce qui manque manquera. Une toile mal tendue est mal tendue.Bref pas de miracle. Pourtant l'artiste est très attentif à l'Esprit dans ce qu'il a de moins rationnel. Il se laissera volontiers emporter par un mouvement qui le déracine de sa matière, pourtant il se sera lancé de telle façon qu'en retombant, un certain rythme, une marque, une signature va laisser une trace dans la matière et que le chemin se découvrira dans ces actes successifs, se superposant en partie. Cette stratification progressive explique l'immense champ d'application possible pour un travail en équipe.

Dans la peinture à l'huile, par exemple, la dessication progressive permet d'inscrire toutes sortes de strates modifiant partiellement la ou les précédentes, ceci allant à certains moment très très vite. C'est l'inspiration mise en résonnance avec la matière. Et ce n'est pas l'inspiration bien conduite et cadrée de bons sentiments, c'est dans une espèce de surconcentration non contractée. Ca se cache sous les termes " d'écriture automatique", de rythme psycho-somatique, la patte du peintre, etc. Les artistes ne sont pas en train d'être "électrisés" en même temps. C'est tout le nouveau savoir-faire d'un atelier urbain que de savoir se faire succéder ces moments harmonieusement, d'en organiser les stratifications successives à demi transparentes.

Tout cela qui est généralement du domaine de l'intuition est réservé à un lieu très particulier et très protégé qu'est l'atelier. Peut-il se partager, non en fin de partie mais pendant que la partie se joue ? C'est tout le défi du savoir-faire d'un atelier urbain conduit par un transfigurbartiste. Avec ce jargon j'ai l'air de faire encore plus secret que l'atelier... tout au contraire, cette manière de procéder peut se communiquer au quidam de la rue... encore faut-il que l'intelligentsia commence à y regarder de plus près pour préparer les esprit, l'opinion à sortir de ses partis-pris.

Par analogie : Dieu pour un théologien est très très compliqué, très très mystérieux mais les esprits simples accèdent très directement à Lui...
Notre approche est relativement simple. L'expliquer est autre-chose.
LE MOMENT DE L'ANGE RESTE DANGEREUX POUR LES INQUISITEURS...
Mêler les choses de l'âme avec la pratique sociale fait peur, à cause de la dynamique que ce tissage produit. Les censeurs médiatisés chassent les déviants, croyant savoir oû est le chemin sûr. Les chasseurs de sectes ? : Ils ont si peur de leur ressembler, et ils leurs ressemblent tellement ! A l'opposé on appose le silence sur le moment de l'ange que connait tout artiste. C'est un tabou. On n'ose pas aller l'attaquer dans l'atelier à cause du procès en diffamation. Mais apparait-il sur la place publique, vite on filtre : danger! On filtre parce qu'on a peur,peur d'être obligé de revoir ses modèles de réference habilement camouflés sous les terme "réaliste", "réalité".
En fait de réalité il n'y a que l'opinion générale faite de poncifs répétés.

Faut-il séparer les affaires d'en haut de celles d'en bas ? Ou bien pouvons nous admettre que l'âme peut être active en toute opération? Ce qui autoriserait le moment de l'inspiration face aux questions sociales ou dans les questions sociales.

Cette possibilité d'agir ne peut pas être "naturalisée"dans l'état actuel de l'opinion publique. Il faut que l'artiste soit fou, timbré idiot, anormal donc alien,étrange, donc étranger. L'artiste serait donc lié à un autre monde mais qui n'a rien à faire avec le bien, donc le bien social. D'où cette confusion qui prète aux processus aléatoires des vertus de création; . On continue à croire que ce qui n'est pas du domaine des poncifs de l'opinion publique introduit le mal dans la bergerie.Les sécances des médias faisant "vivant"-
Les églises et les politiques ont toujours craints que le moment de l'ange dise que leur credo n'était pas à la hauteur. Depuis si longtemps, censeurs politiques, religieux et philosophiques ont fait peur à l'opinion publique: la vérité n'est accessible que par leurs corporations qui actuellement font front commun, s'aidant mutuellement à tracer un front sans faille, justice à l'appui.
L'artiste lui, ne dit pas que Dieu a telle ou telle forme ou encore que la vérité doit être approchée par telle ou telle étude. Il utilise la pensée de telle manière qu'elle n'empèche pas une insémination. Il sait que tout ce qui serait de l'aléatoire, du hasard ne permet pas de construire une oeuvre. Il oriente donc raisonnablement sont travail pour favoriser absolument les moments de l'ange.
Construire une oeuvre qui dans un esprit de liberté élève la conscience vers le coeur ne peut être faite avec les moyens du mal . L'âme comme l'oeuvre est une construction pour le Bien. L'homme a certainement la possibilité de créer du mal. C'est pourquoi il faut, si on accepter la nécessité du bien ajouter le mot artistique. La création artistique remet en accord non seulement le moment de l'ange et le raisonnable,mais les porte par les harmoniques de la beauté.




L'artiste arrive à effacer raisonnablemen sa pensée raisonnante juste au moment où il le faut pour être inspiré.Oui, dans ces moments une certaine pensée est comme effacée. Mais n'est pas effacée la conscience intense de ce qui se passe, ni ne sont effacées les fonctions de maintenance et de travail. La matière est même traitée logiquement, intelligemment. On le constate après coup. Que se passe-t-il ?

Plus grave: ces moments sont les plus importants pour le développement cohérent de l'oeuvre. Ca devrait poser une question importante pour ceux qui croient que le dernier mot est celui de la raison. C'est sûr qu'on aimerait bien comprendre ce qui se passe, d'abord pour le plaisir de comprendre, ensuite pour pouvoir mieux en bénéficier donc plus facilement produire. Les analystes pourraient-ils nous aider à voir clair? Les doctes, critiques,et gérants de l'art pensent souvent mieux comprendre, et " voient tout à fait ce que l'artiste aurait de mieux à faire". Ils parlent de tout sauf de ce moment de l'ange si souvent réitéré. C'est que les agents du monde artistique ne veulent pas être confondus avec les religieux. Ils se protègent abondamment de la question de l'ange qui au fond est la question de Dieu. Mais en premier lieu le moment de l'ange indique des directions qui ne sont jamais académiques. C'est un geste existentiel, un "allez", un "je me lance", un "j'y vais tout en ne sachant pas où je vais", ceci dans le temps d'une orbe qui revient toujours à la réalité de l'oeuvre matérielle.

Croyez-vous que l'artiste ne cherche pas à comprendre ce mécanisme?, qu'il ne pioche pas dans les livres, qu'il n'interroge pas constamment tout le champ de l'art et des connaissances qui est disponible pour lui , auscultant si possible directement les oeuvres et les chefs d'oeuvre jusque dans leur moindre détail ?

Ce n'est évidemment pas dans les calamiteuses affirmations de la phalange dite de "l'art contemporain" qu'on pourrait avoir le moindre éclaicissement. Admettons que cette phalange terrosiste qui a pourri tout le sujet est elle-même victime d'un mal idéologique dit du grand inquisiteur Je le paraphrase : " artiste, laisse- nous te dire ce que tu dois faire pour ton bien...". Complètez:" afin que nous puissions continuer à bénéficier de nos avantages." Et il est clair que le moment de l'ange ne favorise pas cette direction-là.
ABATTRE DEUX LIMITES
Ne supportant plus ce carcan culturel , j'ai eu envie d'abattre deux limites. L'une étant celle de l'atelier et l'autre celle assignée à Dieu. Pour ce qui est de la première, celle de l'atelier, la révolution des Lumières l'a mise en place pour contrôler "cette histoire", tout le monde sachant que les artistes ont toujours travaillés avec ceux qui avaient de grands moyens.Confinons les artistes dans les ateliers et on dira au peuple ce qu'il doit voir en construisant des musées. Le 20ème a fait semblant de sortir les artistes de l'atelier. ça n'a été possible que dans la première partie du siècle, le temps que s'en empare la terrible armée de "fonctionnaires spécialisés" soi-disant objectifs et censés conduire les créateurs ( Actuellement en France, plus de 40.000 fonctionnaires bien payés contrôlent 40.000 artistes miséreux). Les vrais artistes sont plus terrés que jamais.( la révolution russe les avait d'abord conviés à l'action avant de les reconfiner dans les ateliers d'Etat qui commencent partout à être récupérés par ceux qui veulent se payer un Loft.Chez nous , le prix de location d'un atelier en zone urbaine est partout définitivement prohibitif et les commissionaires d'attribution d'ateliers sociaux sont teleguidés derrière les services sociaux par les turiféraires de l'ancien "art contemporain"-

C'est pourquoi il me semble important de sortir la question de l'atelier au grand jour. Tenter de le faire fait scandale, engendre dérision et silence, cette arme si efficace puisque vous ne passez dans les médias que si vous êtes sérieux (= de l'institution, donc "de l'art contemporain) ou si vous êtes rentables pour les médias donc support d'un article dérisionnel ou scandalique.

Sortir l'atelier c'est convoquer sur la place publique le moment de l'ange. C'est un peu comme si vous y convoquiez le sujet de Dieu, qui selon la mauvaise république n'a l'autorisation d'être à l'Eglise que de temps à autre , entre les manifestations culturelles ou alors dans le silence des chambres à coucher.

Casser le premier tabou, ouvre directement sur le deuxiême tabou, celui qui intime à Dieu à rester à la place que la démocratie se croit l'obligation de lui assigner. De quel Dieu s'agit-il ?

Le Voltaire des Lumières n'a jamais saisi la dimension de Dieu. Son déisme le plaçait dans la catégorie des idéaux généraux où il ne dérange plus personne. Il a eu raison de traiter d'infâme une institution qui pratiquait l'inquisition du haut en bas, mais il a jeté le bébé avec l'eau du bain. Et maintenant on ne se souvient même plus qu'il y avait un bébé..Il est toujours de mauvais goût d'associer Dieu à la vie quotidienne, et encore plus aux valeurs éthiques, pire , placer dans cette simultanéité Dieu en premier suivi du deuxième terme ( tu aimeras ton Dieu et ton prochain). Malheureusement pour les manipulateurs de la démocratie républicaine l'artiste ne peut être artiste que parce qu'il a contact avec l'ange et l'ange c'est le début du royaume de Dieu..l'artiste est donc dangereux. Il ne peut qu'être qu'un corps étranger et il faut à tout prix ridiculiser son contact avec l'ange.( La psychologie expliquera bien cette maladie..) Confinons-donc l'artiste dans son atelier qui n'est en fait qu'un espace privé parmi d'autres, un peu plus grand qu'une cellule...et en passant ridiculisons sa manière de penser.

Cette manière imbécile de considérer le moment de l'ange provient probablement de conclusions hâtives, qui s'expliquent par le préjugé suivant : le fond de l'affaire c'est une vision minérale ou atomique de l'univers et non la Vie. Une analyse attentive démontrerait que le moment de l'ange empèche de se laisser piéger par l'idée qu'on se fait de l'univers. Remplacer le mot univers par celui de Vie c'est ce que fait un esprit porté à voir holystiquement. Lorsqu'on est en train de manipuler des matières et qu'on traite des formes de représentation du monde, vie et univers ne sont plus scindés et le préjugé le plus dangereux du point de vue de la création serait d'imaginer quîl y a une structure et que la vie fluide y coulerait des jours plus ou moins heureux. C'est alors que peuvent appara'itre ces moments "étonnants", s'écartant du train-train des pensées qui s'agglutinent dans nos conversations médiatisées. C'est sur ce train-train que s'appuyent les idéologies nocives. Les moments de l'ange sont "étonnants" et non aliénants puisqu'ils font corps avec l'âme qui est le véritable centre de notre identité. Pour un artiste (et pourquoi pas pour les autres, chacun à sa manière)l'âme est une identité en construction, en création. L'identité (qui traine avec elle forcément un passé)se constitue essentiellement em avant dans des projets communs c'est-à-dire moi dans un bouillon de culture, donc moi avec les autres.

Le curieux c'est que l'âme ne peut se constituer que sur l'axe du bien. C'est pourquoi le manque de beauté dans nos productions doit nous faire réfléchir.

Beaucoup de penseurs ont abordé la question de l'esthétique,mais en évitant de situer au centre du débat la pratique qui semble ressortir plus de la prière ou de la méditation matin, midi, soir et la nuit..bref cette tentative quotidienne d'acceder à l'imprévisible. Le penseur Lev Chestov, fait exception et il n'est pas étonnant que le 20ème ne soit pas arrivé à classer. Il traite justement il traitait notre sujet. Il a reconnu le défi de nos grandes religions, donc les enjeux de la liberté et de la création ...C'est à mon sens un des rare littérateur qui a su nous mener par son discours directement au mécanisme qui empêche l'inspiration.

Il n'efface pas le discours mais lui fait dire les dernières paroles, je traduis cela comme "les dernières marches nécessaires pour monter au grenier"sans être obligé de simuler la folie ou l'idiotie. Et dans le grenier: le trésor...

L'approche fraternelle que pratique ce Shestov dénonce à mon sens la conspiration qui vise à détourner l'attention que nous pourrions porter sur le moment de l'ange.

Montrer cela c'est dévoiler la manière dont les idéologies dominantes confisquent l'art; en le remplaçant par son leurre servile ,celui autoréférentiel, par exemple d'un certain art contemporain.

Pour me faire plaisir et par reconnaissance, je vais peindre Chestov dans une barque avec d'autres amis qui posent ces bonnes questions...

Pour pouvoir créer Il faut en quelque sorte " croire au miracle". C'est plutôt: croire que l'imprévisible est possible.

La première limite qu'il m'a fallu abattre, est celle de la réduction de l'acte de création réservée à l'artiste enfermé dans son atelier. J'essaye de montrer que cela ouvre directement sur la question de l'ange qui est protégé par un deuxième tabou à savoir: le moment de l'inspiration est confiné dans le cerveau d'un génie qui doit se cacher dans le secret de l'atelier.Il y a donc interdiction du partage. Nous sommes en présence du modèle des liturgies où l'autel est caché derrière une cabane. Le moment sacré n'est pas partageable. Ensuite on dit au fidèle ce qu'il doit faire avec obéissance.

Une équipe d'artistes-peintres qui travaillent ensemble à la réalisation d'une peinture murale seraient alors forcément manipulés, ils ne pourraient être que les fac totum, les éxécutant du génie qui lui aurait reçu l'inspiration en cachette. . Essayez de faire sauter ce préjugé qui provient d'une vision mécaniste de l'univers: l'inspiration ne peut entrer en danse que par accident. De là on conclut raisonnablement qu'un accident plus un accident, plus un accident ne peuvent faire "oeuvre d'art"., mais on se gardera de s'avancer vers une nouvelle (et très ancienne) manière d'aborder la Vie en état de création. On vous servira la sauce de l'aléatoire et du ludique,sinon du drame romantique, visions amplifiée par les écrivains. On ne peut écrire que seul dans un coin, ou seul face à son ordinateur. Les peintres muralistes devant une grande paroi voient les choses autrement. Ils sont plusieurs et en général ne causent que peu. Quand on crée en formation de groupe il se passe toutes sortes de choses qui ne permettent plus de réduire la création artistique à un seul individu.
Pourquoi est-il si difficile d'aborder cette question ? Un première réponse se trouve dans la crainte llégitime des effets de masse (voire les populations manipulées, les bastonades genre "orange mécanique" ou encore les innombrables groupuscules qui obligent des spectateurs à applaudir à leurs médiocres prestations). Une deuxième réponse est à trouver dans le débordement des préjugés de l'écriture sur la peinture sans que nous plasticiens puissions répondre, sans que nous ayons le temps de répondre, sans que nous pensions qu'il soit nécessaire de répondre. Et ma foi, souvent il a fallu vite signer pour avoir nos sous: une seule signature s'il vous plait..C'est comme ça qu'on en est arrivé à surpondérer l'acte isolé de l'individu réduit à son travail dans l'atelier.

Ce qui est singulier et donc facteur de créations, ce n'est pas cette "mise en semence,une fois, cachée pour être chèrement négociée sur le marché de l'art" ,ce qui est singulier en art c'est l'acte esquissé, répété, le pas de danse inspiré et nécessaire dans le moment suivant. C'est le travail d'esquisse réitéré en quête d'orientation. L'oeuvre d'art est le résultat d'une quantité incroyabel de superpositions, de traces de mémoires et de gestes, ceux de moi-même et de mes collègues, voir même des remarques de mon entourage à telle étape du travail en cours. Stupidement, les artistes plasticiens n'ont pas su exiger qu'il y ait de la place pour cela, ils n'ont pas voulu entrer en discussion sur des questions qui leur auraient pris du temps précieux ( Lire "Opacité et transparence" de ...), se laissant finalement prendre le pinceau des mains par la junte des industriels de la culture. Cette junte a tout intérêt à maintenir le carcan des concours et des choix sans risque. Le roi est alors nu et on claironne les concepts de l'ironie, du ludique du scandale et de l'absurde.

Heureusement comme on dit "Un pinceau volé, dix de retrouvés", nous voici donc à nouveau sur la place publique en train de créer en formation de groupe.

Vous l'avez compris: c'était " sortir la création du guetto de l'atelier et réhabiliter une véritable création en formation de groupe. Ces deux aspects permettent d'envisager une réintégration de certains arts (ici les arts plastiques) dans le contexte démocratique. Ce qui permet d'envisager un nouvel aménagement du cadre de vie, intégrant les actes créateurs de nombreuses personnes dans l'espace et le temps.

S'il s'agit de redonner leur place aux artistes-plasticiens il sagit aussi de transfigurer le cadre de vie.
LA BEAUTÉ ?
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Et la beauté dans tout ç'a ? Et bien c'est le moment de l'ange. Le moment de l'ange est le point de jonction entre l'Homme et son Dieu, entre le temps de la raison historique et ce qui l'en libère. C'est un point modeste mais déterminant dans le parcours de notre histoire. Il ne peut être atteint que par un saut, une rupture, un risque du point de vue de la raison et des poncifs sentimentaux.. Dans la sécheresse de la raison cette rupture est tragique. Pourquoi donc pensez-vous que l'on insiste tant sur l'ambiance quand on aborde la création artistique? C'est pour parer à l'angoisse ( est-ce qu'on va réussir ?), cette angoisse étant générée par cette position si artificielle de l'homme coincé dans la bicoque du "rationalisme" Il croit dans l'impossible de sortir du poncif " l'acte du génie cache son secret". Il n'imagine pas qu'il suffit de sortir dans le jardin de vie pour se sentir " en accord avec soi-même".

Dans ce jardin s'activent mille synergies. S'y promener, c'est s'ouvrir à une avance progressive des créations dans un climat convivial. La beauté devient alors façonable: on modèle, on remodèle et ainsi apparaissent progressivement plus d'harmoniques. Dans le modelage de l'environnement ces harmoniques se façonnent dans l'histoire des lieux, en contact avec toute la nature. Le moment de l'ange opère ici et là, traduit, capté développé plus ou moins bien, puis repris, amenant à mille autres moments de l'ange. Ainsi se construiront des civilisations non aliénantes puisque par l'exercice du modelage de notre cadre de vie (dans le sens le plus large du terme) se construiront des âmes qui se sentirons chez elles ici dans la vie de tous les jours. La beauté n'apparaîtrait plus comme un spectre esthétisé porté en bandoulière par les bandits de la culture, mais comme l'alliée de ce qui est bon pour les hommes.






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LE FONDEMENT DES LUMIÈRES
Je veux encore faire remarquer que les Lumières ont voulu poser des fondements raisonnables dans la raison.

Le fondement raisonnable des Lumières sous-entendait que le fondement raisonnable était le fondement tout court, jouant sur un quiproquo entre raison et raisonnable. On le voit parce qu'ils posaient l'activité artistique comme un moyen d'illustrer leur fondement raisonnable et non comme une fonction vitale qui , par un tissage intelligent avec la raison permettrait de conduire les hommes vers le fondement de la Vie elle-même qui n'est pas le fondement raisonnable.
. Une fois le religieux éliminé, il fallait réduire la prétention de l'activité artistique qui , si on lui avait laissé la place aurait, au moment de l'ange
, remis en question ce fameux fondement de la rationnalité. Allez, l'art dans l'atelier et dans les musées contrôlés par le pouvoir politique et financier.

Il devient plus facile aujourd'hui de voir qu'on se trompe à offrir la place de fondement à la raison plutôt qu'à la Vie, parce qu'on voit bien que la vie biologique est liée en toutes ses parties à une Vie beaucoup plus vaste. Il ne s'agit donc pas de remettre en cause le fonctionnement de la raison mais sa place dans la vie au sens le plus large.
IN FINE
Ambourbé dans un humanisme tronqué, un humanitarisme de contrainte et non de libération, le milieu culturel et politique est soupçonneux. Il n'y a effectivement pas de solution visible pour résoudre l'opposition entre le bien social et les dynamiques de développement. A chaque étape, plus de coercition, plus de police et plus de règlementation.

Les plus fervents défenseurs de la démocratie ( par exemple l'exception française) voient bien que les chiffres sont dans le rouge, qu'il faudrait un grand rassemblement permettant de galvaniser les énergies, les faire se démultiplier (afin que les chiffres redeviennent noirs!), mais que ce grand rassemblement devrait se faire au nom de la raison (républicaine !) et non selon les procédés dictatoriaux des autres idéologies. Dans ce corset, qui est celui de l'héroïsme, on n'arrive pas à juguler la seule démultiplicatrice de biens qui est celle du lucre et du stupre . Et on les laisse faire, à la limite du code acceptable par médias interposés, puisque " ça bouche les trous" et que ça nourrit les régimes en place.

Nous sommes dans dans une situation très aliénante... Un temps nous parlions de vocation: nous ne serions pas aliéné si nous choisissions notre vocation. Pas faux mais à condition que l'on veuille bien considérer la vocation " en avant" et non "en arrière", donc non comme un héritage mais comme une création à inventer dans l'action d'une vie.




. Pourquoi l 'homme lutterait-il héroïquement contre les entreprises de production. Tout au contraire il aurait intérêt à formater des entreprises productives de biens sociaux et intègrant les "moments de l'ange".Ce travail ne peut que s'inscrire dans l'histoire, donc concerner tous les domaines d'activité et va nous conduire pas à pas là où la création nous mènera.

Pourquoi les idéologies dites des Lumières ont-elles étouffé toute recherche favorisant ce "contact avec l'ange" ? aveuglement ? C'est la tache aveugle des Lumière.

C'est encore aujourd'hui un tabou maintenu avec ferveur. Je propose de le bouziller en plaçant directement, c'est-à-dire sans directive,la création artistique au service des habitants.
Placer la création au service de l'Homme, par exemple les arts-plastiques au service de la cité, c'est s'obliger à revoir tout une série de poncifs et faire sauter l'actuelle poisse idéologique, ce qui ouvrira la voie à de nouvelles manières de procéder.





Pour commencer, un atelier urbain installé sur place fera l'affaire. Peu à peu nous ferons des propositions, interviendrons pour corriger, soigner des micro-territoires.Par quelques modifications nous transformerons les murs pour qu'ils ne soient plus ceux d'une cage mais des murs de protection et de mise en beauté des espaces où nous vaquons à nos affaires,des murs qui donnent l'envie de transfigurer tous ces espaces .Notre intention est de valoriser les nombreux efforts déjà consentis
mais qui n'arrivent jamais à la qualité qui déclencherait un enthousiasme, l'enthousiasme étant le fait de l'âme. En termes plus simples : avec plus d'âme dans les lieux publics.

Et nous ne le ferons pas sans la participation des usagers, participation libre, proche ou lointaine, et avec tous ceux qui sont sensibles à la naissance de ce nouvel état d'esprit.
Chacun sait que pour donner aux espaces publics en démocratie leur utilité, leur confort, leur convivialité et leur beauté tous les protagonistes habituels seront nécessaires. On avait oublié les artistes plasticiens. Et bien nous sommes présents.

Antoine Piron-Meyer.