...............................................................MOMENTS D'HISTOIRE PEINTS
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 L'HISTORICISME et COEUR
La position historiciste se contente du sens donné par l'établissement d'un lien causal entre différents moments de l'histoire.(Walter Benjamin)
Tout en respectant l'état des faits, on peut les "éclairer" de mille manières. On le fait de toute manière. Dans quelle mesure est-ce licite ou illicite; un éclairage fera apparaître un destin fatidique, un autre éclairage fera apparaître les prémices d'une libération. Certains éclairages permettent même de justifier des actes criminels. L'historicisme ne suffit pas pour nous en protéger. Son parti pris est celui du fatum, de la nécessité et des conséquences obligatoires. Les "lois de l'histoire" ou les structures de l'univers ne disent rien sur le sens de la vie. Et c'est justement le sens de la vie, de sa propre vie, que chacun recherche existentiellement. Nous savons instinctivement (l'instinct spirituel) que le sens se trouve plus dans l'activisme créateur, que dans le destin qui fond sur nous. L'histoire et la création sont-elles compatibles ? Plus fort : le cours de l'histoire peut-il être modifié par une alliance du bien et de la création ? Soyons plus précis. Est-ce que grâce à la fiction de l'art et sa liberté d'éclairage on peut conforter la volonté de contrer le mauvais destin pour établir un monde du bien, celui qui n'est pas de la séléction naturelle mais celui de choix nouveaux qui feraient une histoire "à partir du cœur" ?
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CERTAINES HISTOIRES DE LA PHILOSOPHIE Certains philosophes affirment être plus près de la vérité parce qu'ils reconnaîtraient toute l'histoire comme témoignant du véritable rapport de force entre nos chimères et les forces du destin qui sont celles des forts. Il n'est pas question de nier l'objectivité des faits et on devrait en toute circonstance faire preuve d'honnêteté intellectuelle; mais cela ne nous oblige pas à accepter le rapport de force dominant et de nous retirer là oû seule serait notre liberté: le mètre carré qui permet de placer sa chaise pour REGARDER PASSER L'HISTOIRE si on ne veut pas qu'elle ne nous écrase.
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LA TRISTESSE DU BIEN Le philosophe pense qu'un bon usage de la raison suffira à déjouer le mirage des mythes. Ils seraient une déformation de la réalité, celle qui est structurée dans le cylindre de l'espace-temps et dans lequel nous serions soufflés comme des particules. Et Alors? disent les démocrates, le philosophe veut-il nous couper tout espoir, tout élan pour échapper à cette prison, celle de la nature? Le démocrate, qui contrairement au religieux voudrait se passer de Dieu propose alors d'agir en organisant les rôles sociaux: juxtaposer le philosophe, le financier, le scientifique, le sociologue, le politique, le religieux et l'enseignant, tous ces pouvoirs séparés mais mis en juste place les uns par rapport aux autres. Il en sortirait, suppose-t-il des indications donnant la bonne direction, soit celle du bien. Le malheur est que ce bien là est triste puisque non seulement il atteint à la liberté par une multitude croissante d'interdictions et punitions mais encore parce qu'il se moule dans le mouvement entropique de la matière, de la nature. Ce bien-là, issu des cellules de l'homme-animal, donc de la nature, c'est le bien du plus fort, celui de la sélection naturelle. D'où le rire un peu forcé juste avant le précipice. C'est un bien tristse Bien...
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UNE DÉMOCRATIE QUI FINIRAIT L'HISTOIRE? La question se pose ainsi: l'organisation de la vie sociale de type démocratique contiendrait-elle en elle-même le parfum qui élève le débat. S'agit-il de seulement réguler les forces en action pour que ce soit bien ? Un regard superficiel porterait à la croire. La preuve, il y a des résultats... Mais sont-ils à la hauteurs des efforts fournis ? Oui si on prend le critère de la sélection naturelle, mais à vrai dire, Non si l'on estime que l'humanité est une, et qu'on considère le pauvre aussi important que le fort! La sélection naturelle passe encore, c'est la nature qui nous l'impose, mais ce qui est plus gènant c'est qu'en voulant corriger les mécanismes de la sélection naturelle nous produisons continuellement des dégats collatérauxgrandissants, dont un de taille et que je place au centre: celui de l'aliénation; dont on aimerait se défaire par "encore une nouvelle initiative, qu'on planifie avec soin", mais qui se termine toujours à nouveau par de l'aliénation, voire plus d'aliénation…
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PEUT-ON PLANIFIER DANS UN ESPACE QUI N'EST PLUS EUCLIDIEN ? A qui la faute? Est-ce la planification? J'en doute.S'il y a un domaine où l'homme est fort c'est bien celui des planifications sectorielles. On sait planifier. Il faut donc chercher la faute ailleurs, peut-être tout près. Ne soupçonnons pas la raison qui conduit une bonne planification mais plutôt le terrain qui la contient, à savoir le temps et l'espace. D'abord le connaissons-nous ? N'y a-t-il pas un grand décalage entre les découvertes et leur évidente pénétration dans dautres domaines de la culture. La découverte d'une formule permettant de comprendre la relativité de l'espace-temps date de plus d'un siècle mais nous utilisons plein de poncifs qui font fi de cette évidence. On progresse pourtant: on ose admettre que si l'espace Euclidien et le temps de l'horloge atomique sont des références valables pour certaines opérations, elles ne conviennent plus dans d'autres domaines. Ce qui nous intéresse ici c'est les relations entre ces deux visions, celle qui raisonne selon le cylindre, la sphère ou le parallélipipède et celle qui travaille avec une matière vivante dans le sens large du terme. La première est celle des techniciens et de la science, la deuxième est celle des artistes créateurs. L'aliénation surgit lorsqu'on applique la procédure technicienne à la création d'art et vice-et-verça, lorsqu'on veut imposer l'historicisme à tout notre histoire parce qu'on déteste le spirituel.
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LE TEMPS HOMOGÈNE ET LA SÉLECTION NATURELLE. L'historiciste, qui cherche les relations de cause à effets dans les évènements base sa vision sur un consensus qui considère le temps comme un vide homogène qui se remplirait selon les lois de la nature, automatiquement, ne laissant en réalité de la place que pour la sélection naturelle,qui est soumise aux lois de la nature.
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IL RESTE UNE CHANCE GRÂCE à L'ENNUI DE LA CONNAISSANCE. Ce réalisme est pris en charge par tout un matériel de vulgarisation scientifique. On comprend actuellement beaucoup de la nature. En plus cette connaissance va peu à peu être pris mieux en charge par les machines, virtuelles en particulier. Ce déchargement de l'effort pour connaître va libérer le temps du cerveau . Corrolaire : un ennui exacerbé, une atmosphère de plus en plus dépressive. Aujourd'hui ça ne dérange pas les nantis. Ça pourrait les déranger bientôt parce qu'une population en dépression coûte de plus en plus cher.
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PAUVRE CERVEAU…IL NE VA PAS ACCEPTER L'ENNUI. Le cerveau exige de l'intensité. Les gens exigent- une vie d'intensité renouvelée. Cette intensité est éprouvée durant l'amour, durant la guerre, souvent durant les moments de découverte ou d'apprentissage mais surtout durant le développement de projets créatifs. Ces moments ne sont pas stimulés par l'état d'esprit actuel. C'est pourquoi il est bien plus palpitant de jouer à la castagne que de s'ennuyer. On connaît le plaisir de jouer à la guerre, à battre son prochain au combat ou au sports…un cerveau oisif n'est pas forcément favorable à l'instauration d'un état civilisé. Le gaver d'amusement peu suffir un moment…
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S'ENGAGER, MAIS SOUS QUELLE BANIÈRE ? Introduisons la qualité du Bien.C'est le point de vue de l'Homme qui s'oppose à la sélection naturelle. l'une des seules hypothèses qui donnerait une chance au système nerveux, donc à l'intelligence de contribuer à construire ce bien est celle d'un engagement. Quand on dit "engagemement" on fait appel à de l'énergie affective et volontaire, donc un supplément d'énergie; mais quand on prononce ce mot d'engagement sans qu'il soit existentiellement créatif on agite le spectre des idéologies, politiques, religieuses ou financières. On est tout de suite dans la manipulation, donc au coeur de l'aliénation. C'est-à-dire qu'on planifie des actions pour les autres afin d'atteindre un but. On est persuadé que ce but est bon pour les autres...Pourquoi ? parce qu'on est persuadé que l'espace-temps apparait pour tout le monde sous une même forme . Pourquoi ? Parce qu'on croit qu'il est totalement homogène. C'est ce qui fait croire que de la où l'on est pour aller vers le but, il suffira de planifier. Si le temps n'est pas homogène, il faudrait savoir modifier constamment la planification. C'est justement dans ce domaine que la création artistique est spécialisée: l'artiste sait qu'ayant tout préparé matériellement et conceptuellement il doit trouver l'attitude qui permet de saisir quelque chose dans l'espace-temps non prévisible (donc non homogène). C'est aussi ce leurre d'un espace-temps réduit à l'homogénéité qui est à l'origine de cette difficulté à comprendre la véritable singularité des êtres, donc leur manière singulière de viser la liberté. Face à ces difficultés il est intéressant d'ausculter "l'engagement de l'artiste créateur" qui de son propre aveux "ne sait pas très bien où il va".J'invite à étudier avec attention sa manière de produire.
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ON ROULE AVEC UN CHAR DONT UNE ROUE EST CARRÉE, L'AUTRE RONDE…
Le concept, d'un espace-temps homogène et vide a été bénéfique pour le développement d'une géométrie .Peut-être est-ce l'inverse: c'est le développement de la géométrie qui a mis en place ce concept. Depuis plus d'un siècle les chercheurs ont déjà relativisé tout ça mais les séquelles de ce concept qui avait envahi tous les champs de la connaissance persistent de façon perverse. On serait peut-être prêt à penser et agir autrement mais chaque pas s'achoppe au référent inconscient d'un espace-temps homogène. Toutes les règlementations en sont issues. Cela explique toutes les réticences aux démarches créatrices malgré une bonne volonté évidente.On roule sur deux roues différentes…
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L'ESPACE-TEMPS EST UNE ENTITE VIVANTE. On ne risque plus rien aujourd'hui d'affirmer que l'espace-temps homogène est une sous-catégorie d'un espace-temps beaucoup plus hétéroclite, vivant dans le sens le plus fort du terme. Cette ouverture permettra peu à peu de modifier bien des règlements qui pénalisent la dynamique de l'esprit.
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ESPACE-TEMPS VIVANT= TEMPS HETEROGENE Si le temps est hétérogène, les évènements peuvent appraître comme imprévus; vraiment imprévisibles car ne suivant pas les trajets habituels, rationnellement détectables et dont on n'aurait simplement pas immédiatement décelés les liens de causalité, (donc prédictifs,ou extrapolables si on avait su). Il y aurait alors au contraire une place à l'irruption d'un inattendu véritable, donc d'un acte de création "ex nihilo".
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LE TEMPS HETEROGENE EST FAVORABLE à LA CREATION DE L'HOMME. L'inattendu véritable laisse la place aux actes de création.. Si l'acte de création (fait par l'Homme) peut être un acte de création véritable, alors s'effondrent deux hypothèses: d'abord celle d'un Homme qui ne ferait que copier les images de Dieu que les doctes nous ont fabriquées et ensuite celle d'un Homme qui ne ferait que copier la nature telle qu'on nous l'explique.
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LE TEMPS VIVANT REND L'HISTOIRE VIVANTE L'acceptation d'un temps vivant permet aussi de rouvrir le débat sur l'histoire, non pas pour nier des faits, mais pour une lecture créative de l'histoire, qui pourrait à chaque fois être abordée d'un point de vue singulier, (ce que faisaient déjà les conteurs qu'on accusait de rester dans une mythologie, donc un non réalisme). Le rationalisme qui se prétend réaliste agite avec véhémence le drapeau du révisionisme, car pour lui l'histoire historiciste est un référent absolu, oubliant que la chaine de cause à effet est une opération abstraite, cautionnée que par elle-même. Ce verrou soudé à l'illusion d'un temps homogène ne garanti aucunement un sens de l'histoire et notre civilisation en fait les frais. Admettre la préséance d'un temps vivant c'est faire de l'histoire le terreau d'extraordinaires créations à venir.
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DES DIRECTIONS NOUVELLES La création humaine inscrite dans l'histoire des choses suscite une manière de lire au sein de chaque événement des " directions différentes", même si la marque temporelle et spatiale inscrite dans nos archives forme une carte reconnue par tous. Ces "directions différentes" concernent" l'éthique et l'histoire" et peut-être un autre chapitre qui pourrait se nommer la "vie et l'histoire". Cela signifie qu'il n'y a pas de pureté historiciste, et que même le matérialisme historique n'a su voir ce qu'a décelé Walter Benjamin. Un communisme basé sur le concept d'un temps homogène exclut par définition une manière créative de retravailler l'histoire,et produit par conséquent encore plus d'aliénation.
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LES MOMENTS D'HISTOIRE PEINTS ET LE BIEN Les "moments d'histoire peints" propose un instrument et une alliance avec ceux qui veulent forcer l'histoire à sortir de la case historiciste; sans pour autant nier la carte rigoureuse des faits. L'histoire historiciste ne vise qu'une "lecture objective". C'est sa qualité et sa limite. Le bien lui, éclaire ces morceaux de réallité avec des ombres et des lumières différentes.Ces ombres et ces lumières ne seront pas définies par quelques uns. Elles seront travaillées par chacun singulièrment permettant une constante transfiguration de l'histoire par la création d'un présent constamment amélioré. Le temps homogène défile à son allure. Le travail créateur lui donne des vitesses et des consistances très différentes permettant d'en faire surgir toutes sortes de pousses, de tiges, de fleurs et de fruits. Le temps ne file alors plus entre nos pensées, nous avons tout notre temps.C'est une ontologie du bien possible parce que l'espace-temps est matière vivante.
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LES DERIVES DU BIEN. N'oublions pas les dérives extrêmement perverses du bien. Elles se voient par exemple dans l'administration de "saintetés" qui servent les pouvoirs politiques et religieux.Elles se voient dans la manière dont est prononcé le bien par les opérateurs médiatiques d'actions humanitaires. Cette habitude de ne pas vouloir distinguer le bien d'une opération et le Bien d'une éthique non aliénatrice explique beaucoup de malheurs engendrés pas le désir de faire le bien.
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L'EXISTENTIELLE POSITION DE L'ACTEUR QUI CRÉE. Le bien authentique est justement l'inverse d'un alignement à un ordre éthique, l'inverse d'une copie, même de la copie d'un bon modèle. Le bien véritable ne peut s'aborder que par une opération personnelle donc existentielle. Sinon elle est aliénante. Si notre action n'est pas existentielle elle fomente automatiquement des aliénations plus pernicieuses encore. L'opération existentiellement vécue est une position réflexive et active, dans un équilibre instable.Pour que cette situation ne pourrisse pas elle doit être créatrice.Elle est donc réflexive, mesurée et créative.
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LA BEAUTE MISE EN FORME Si on s'arrête lorsque la forme ne revêt plus de beauté, c'est qu'on est sensible aux harmoniques qui sont les garantes des justes relations humaines. La vraie beauté est la servante du Bien. Les justes relations humaines ne peuvent être que belles. La beauté partagée n'est pas aliénante. Et la beauté ne peut être plaquée, elle ne peut apparaître que dans un moment de création.
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L'HOMME DESTINÉ A ÊTRE CRÉATEUR D'ART. L'acte qui veut le"bien pour tous" ne peut être que créateur. Cette création ne peut être que signée par celui qui produit de la beauté. C'est en ce sens qu'on peut prétendre que l'Homme est appelé à être créateur, dans le sens artistique qui inclus la beauté, la vraie beauté, qui elle ne peut que servir le bien. C'est cela une action non aliénante pour l'une et l'autre partie.
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LA CREATION S'INCRIT DANS L'HISTOIRE. Cette possibilité d'action créatrice qui est aussi une insertion dans l'histoire déclenche un enthousiasme extraordinaire (par rapport au climat actuel). C'est un supplément d'âme. Quand elle peut agir, son enthousiasme démultiplie les forces. Elle met à disposition une énergie formidable.
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INCONGRU MAIS VRAI ! C'est elle qui fait la différence quand on calcule le coût des opérations.
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L'AVION EST DEPORTÉ PAR LES VENTS MAIS ATTEINT SON BUT. Cette hypothèse de travail n'interdit plus de chercher des grandes courbes vivantes et toujours en mouvement, à l'image de la trajectoire d'un avion déporté par le vent mais qui s'opproche d'un but qui apparaît chaque fois différent bien que peut-être toujours le même. Le temps de la courbe, on conduit l'avion de moments et moments. Les moments eux-même agissent sur les articulations de ces moments, déterminant l'esprit de la courbe, la forme de la courbe. Ainsi nait une nouvelle image dans ce tissu vivant qu'est le sens qui surgit.
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DES MOMENTS D'HISTOIRE PEINTS EN RÉSONNANCE AVEC D'AUTRES MOMENTS D'HISTSOIRE PEINTS. Pour en revenir aux "moments d'histoire peints", donc de la création d'un tissu de représentations peintes sur un mur, la manière de peindre un moment de l'histoire va le mettre en résonnance avec d'autres moments représentés sur la même paroi. Ces résonnances ne sont pas là pour arrondir des incohérences. Elles sont là pour flotter autrement dans notre histoire afin qu'elle soit transfigurée. Cela signifie que notre quotidien avec toute son histoire peut être transfiguré. On peut utiliser la fiction, l'imaginaire mais c'est tout notre quotidien qui est réellement transfigurable.
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L'EVENEMENT SORT DE SONT TROU MAIS LAISSE SON OMBRE A LA MEMOIRE L'événement est lisible en temps que signe, mais ce signe, cet évènement, grâce à l'opération poétique de création peut être sorti de son trou objectif, laissant dans la mémoire la place du trou, peut donc être sorti du trou pour éclairer ou allumer les autres situations ou moments. Sur la même paroi peinte on peut imaginer le même moment représenté de façon différente " simultanément". Un certain nombre de situations fixées sur le mur peint forment finalement un nouveau tissu d'interprétations possibles pour chaque lecteur qui est en même temps un spectateur. Est induit de cette façon un chant labourant notre histoire en vue d'un nouveau paysage.
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LECTEUR ET SPECTATEUR. Le lecteur suit une histoire, le spectateur contemple ici l'histoire peinte qui est un paysage. La contemplation procède de façon non cursive, faisant des sauts inopinés, balayant la surface de façon imprévisible , se laissant pousser par un mécanisme inexplicable mais reconnu. (Grâce à un appareil on peut suivre les mouvements inconscients du globe occulaire). Dans ce paysage, le spectateur rencontre à nouveau l'histoire disposée non cursivement. Et il peut en parler, avec d'autres...
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L'ILLUSION DU MODE ALÉATOIRE. On pourrait croire qu'il suffit pour arriver à "faire une peinture de ce type, de juxtaposer aléatoirement des moments pour jouer de toutes les combinaisons possibles. Justement pas. Le fait qu'il y a prétention à une œuvre d'art, donc à une unité dans la composition et la qualité du tissu, qu'il y a un contrôle donc une résistance historiciste (on ne change pas les évènements en temps que tels), qu'il y a une histoire du lieu où le mur est établi et qu'il y a une équipe qui accepte de travailler en formation de groupe de A à Z, qu'il y a un délai d'éxécution, tout ça conduit l'opération par des chemins qui sont balisés de passages obligés qu'acceptent les artistes engagés dans cette aventure. Cette manière de procéder est encore rarement pratiqués et mène à quelque chose qui n'a pas encore existé sous cette forme, en ce qui concerne l'approche de l'histoire.
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REDISTRIBUTION POLYTOPIQUE ET EMPREINTE PSYCHO-SOMATIQUE. Dans ce contexte l'histoire est bien considérée comme universelle mais elle est approchée très franchement "localement de façon polytopique", donc redistribuée tout azimuth et "dite" de façon personnelle grâce au rythme somatique. C'est ce qu'on nomme la patte du peintre, son style, sa signature,donc ce qu'il y a de très intime .
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SIGNÉ PERSONNELLEMENT DONC INSCRIT DANS CE MOMENT DE L'HISTOIRE. Ce sont bien les artistes qui signent la peinture, mais ils le font sous le regard des autres personnes actives dans le groupe de travail, ces personnes étant appelées à intervenir librement,mais mesurant bien que leurs interventions s'inscrivent dansl'histoire de l'art, donc dans l'histoire.
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DEUX LAURÉATS : LA PEINTURE ET L'HISTOIRE. Si avec ce moyen on peut stimuler une approche créatrice de l'histoire, donc une participation plus active de l'histoire dans la vie culturelle du moment, il y a aussi un bénéfice pour la peinture elle-même, puisqu' elle est obligée de sortir du guetto de l'atelier. Elle est non seulement sortie de l'atelier mais de son ghetto idéologique d'un " art pour l'art". Musique, poésie, peinture, ces arts soi-disant non engagés…
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CONSTRUCTION DE L'ÂME ET TRANSFIGURATION D'AMALGAMES. Si l'acte de création artistique a un sens c'est qu'il procède d'un acte existentiel impliquant toute la personne , qu'il est "construction de l'âme" tout autant que transfiguration d'amalgames matériels.(matière et représentations, géométries et mouvements vibratoires). Les mouvements vibratoires de lumière et couleurs tracés à la main englobent les signes de la représentation plaçant nos histoires dans cette lumière de peinture particulière qu'est la peinture murale. La peinture murale trouve ici une nouvelle fonction et peut se réaffirmer comme très particulière dans le vaste domaine des arts plastiques. Ce n'est donc pas de la peinture tout court et encore moins un élément des arts visuels.
Tout comme ce n'est pas simplement de l'histoire. Ce sont des moments d'histoire peints.
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LE ROYAUME DES REPRÉSENTATIONS PICTURALES. Si j'ose ici vous inviter au royaume de la peinture, je prends la précaution d'établir une nette frontière entre la peinture d'histoire, (illustrant les victorieux de Warterloo ou alors les miséreux de Waterloo), et la peinture murale fixée sur un lieu et que je nomme "moments d'histoire peints". Je différencierai encore cette approche de celles consistant à ne peindre que des champignons dans un panier de cueillette (le lieu de l'intimité inatteignable par l'idéologie dominante) par opposition au réalisme socialiste. Je la différencierai encore de la peinture de concept, aussi bien celle qui l'illustre et ironise, que celle qui fait croire qu'il y a un corps et que sa gesticulation témoigne de la vie (ça serait authentique parce que ça glisse, ça crie, ça pue, ça bouge ).
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BEAUCOUP DE MOMENTS EN UN SEUL MOMENT. Entrer tout simplement dans le domaine de la peinture telle que je la définis c'est accepter un type de représentation qui permet de décrire des objets et des êtres, de faire des citations, des allusions, de placer ces éléments dans une configuration particulière à la peinture murale. Elle est particulière parce qu'elle est soumise à l'organisation géométrique des vibrations peintes qui commandent toute l'affaire et qui est le secret de la peinture murale.
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UN MOMENT POLYTOPIQUE Nous la disons polytopique pour différentes raisons, d'abord parce que les évènements peuvent être placés partout sans la suite discursive de la narration et parce que les choses représentées sont disposées en rapports de distance et de direction. Il y a des " en avant, en arrière, plus haut plus bas, à 14h. etc. Le mouvement du spectateur qui peut marcher en long et en large, s'éloinger ou s'approcher augmente encore le nombre de relations possibles. Il y a un "continuum" de la matière picturale qui relie tous les évènements dans ce tissu de vie particulière.
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ET PÉRISCOPIQUE Nous disons que les évènements disposés simultanément sur une surface permettent une lecture périscopique. Chaque événement envoie des possibles relations à 360 degrés en plus des distances et des intensités et directions et dynamiques picturales.
Nous disons "moments d'histoire peints", ne les rattachant pas à un temps homogène, les rattachant à un espace peint sur un mur placé dans une géographie, donc dans un lieu ayant lui-même son histoire. Nous n'interférons pas dans le domaine de l'historiciste, ni dans celui de la méta histoire, de l'interprétation historique, tout en les remerciant pour le travail ingrat qu'ils assument par rapport au plaisir de peindre.
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COMMENT NAIT LE CONGLOMÉRAT FINAL ? Nous convions un certain nombre d'éléments disponibles, donnant de l'importance progressive à ce qui apparait en cours de l'élaboration. Ce qui apparaît alors à la fin du délai qui a été choisi n'est pas un point définitif, même si la peinture murale peut rester 500 ans en l'état. Elle devrait stimuler toutes sortes d'autres moments similaires, différents ou très différents. Sont donc finalement figés un certain nombre d'imprégnations subjectives. Si le sujet est considéré comme un accident de lois générale alors tout ça est du vent. Si par contre l'ontologie du sujet prend racine dans un espace-temps vivant alors....
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OSER LE FAIRE Nous avons osé cela à plusieurs reprises, avec plus ou moins de bonheur mais on y a senti une vigueur créatrice étonnante tout au long du travail, une nouvelle liberté et découvert surtout une nouvelle manière de procéder en formation de groupe et aussi un intérêt plus qu'évident du public qui a assisté aux opération. Les oeuvres existant elles n'ont pas terminé leur action.
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L'HISTOIRE AMIE DES HOMMES. Ce qui m'intéresse tout autant c'est qu'abordée de cette façon, l'histoire, malgré toutes ses inconnues n'est plus une étrangère. On a nettement l'impression qu'elle ouvre ses bras pour accepter d'être lue de cette manière particulière. Elle se sent à l'aise car elle voit bien qu'elle n'y sera pas enfermée et qu'elle va continuer à s'ouvrir à d'autres lectures. On attend avec impatience d'autres moments d'histoire peints, un genre qui pourrait se démultiplier et permettre à d'autres lieux de sortir de leur si nocif anonymat. On peut très bien imaginer qu'un lieu très proche redistribue les cartes différemment pour rejouer la partie autrement. Et ça pourrait même être les mêmes protagonistes et apparaître très différemment...
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L'HISTOIRE QUI SE LIBÈRE DES GÉRANTS DE LA SCIENCE Pour éviter trop de quiproquos faudrait-il éliminer le mot histoire ? C'est pourtant bien l'histoire que nous visons. la croyance que l'histoire ne pourrait se trouver qu'entre l'historiciste, le matérialisme historique, le révisionisme, c'est-à-dire qu'il n'y aurait plus place pour une approche existentielle de l'histoire , donc plus de place pour une modification de son cours par une action créatrice en vue du bien, plus de place non plus pour notre inscription personnelle dans l'histoire me paraît engendrer la plus triste des morosités
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L'HISTOIRE QUI SE LIBERE DE LA CHAISE DU PHILOSOPHE. Offrons-nous le plaisir de de créer un futur différent de celui de la sagesse antique (la chaise qui regarde passer l'histoire) pour aller vers la véritable liberté !
.......................................................................... Antoine Piron-Meyer, le 23 mars 2006
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FIN DU TEXTE CONCERNANT LES "MOMENTS D'HISTOIRE PEINTS"
POUR LA SUITE voir MENU VERTICAL en haut à gauche. |