Groupe V A I S S E A U  
 
LE SAFANE EST à VOTRE DISPOSITION
 
SAFANE ?
Le SAFANE, pour une plus grande beauté du cadre de vie.

le mot lui-même fait allusion au profane et au sacré, à quelque-chose qui participe des deux.
En plus le safane se voudrait beau des deux côtés: d'une beauté naturelle, donnée par la nature et d'une beauté artistique humaine, donnée par l'Homme.

Le safane est censé allier les deux.
Il peut être grand ou petit.

La conjonction de ces deux aspects de beauté hantent depuis longtemps ceux qui essayent de créer des "jardins paradisiaques". Ils ambitionnaient qu'on s'y sente bien comme dans un cocon, dedans, qu'on puisse s'y promener. Dans ce cas le safane est assez grand.

Il peut aussi être petit pour qu'on le regarde de un ou plusieurs points de vue. Il peut s'étirer en hauteur ou en largeur, le long d'une peinture murale dans un couloir; alors on parcourt le safane en marchant.

L'imagination permet de s'identifier, de ne faire exister dans notre conscience qu'une petite partie, qui suffit à notre "sentiment d'être dans un tout. C'est ce mécanisme qui permet aux enfants de rêver avec un morceau de bâton, à nous tous de s'y croire (cinéma, spectacle, tableau, livre, danse et musique). Dans tous ces cas on s'abstrait en quelque sorte de la vulgarité de l'espace naturel, terrestre et cosmique.

Nous proposons au contraire de reconnaître d'abord son insuffisance dans l'état actuel, dans son apparence actuelle à nos sens, accepter qu'on puisse y échapper un moment par la fiction mais qu'on pourrait aussi le travailler pour qu'il produise un état de richesse harmonique qui nous le fasse sentir comme paradisiaque, donc le rendre plus acceptable ( beau, convivial, confortable), jusqu'à ce qu'on arrive à se sentir vraiment chez soi. La fiction peut alors se confondre avec la réalité.

C'est parce que je reconnais la pertinence de ces questions que je propose le safane comme une nouvelle catégorie permettant d'y agir raisonnablement.

Travailler et transfigurer le cadre de vie est une ambition ancienne mais a constamment été rejetée par un courant culturel qui ne voit de paradisiaque qu'un passé mythique ou religieux, donc inatteignable. Surtout il doute absolument que l'homme puisse faire le bien-partagé, créer volontairement une transfiguration du cadre de vie. Ce courant culturel ne l'interdit pas en privé mais reste persuadé que les conquêtes sociales d'aujourd'hui ne le permette pas. . Je ne suis pas le seul à reconnaître que l'égalité par la loi ne conduit pas au bonheur et que la liberté, l'égalité et la fraternité n'ont de sens que si l'individu est invité lui-même à créer librement cette situation en créant d'abord son âme, ou un début d'âme.
Mais les idéologies, toujours présentes, veulent, sous le couvert de réalisme d'abord se donner les moyens politiques et financiers. Elles reconduisent alors le paradis aux calandes grecques.

La conséquence est qu'on nous incite à nous plonger dans des distractions, dans des oeuvres d'art "qui devraient nous faire oublier" l'espace au présent dans toute sa netteté, sa crudité.

"la mythologie d'un art total" entend-t-on ricaner. On montre que Voltaire séduisant sa belle dans une maison de maître, ce n'était qu'un moment d'illusion, que la beauté de certaines églises et palais et parcs tout du même. C'est ainsi qu'on reproche aux artistes de "travailler pour les bourgeois" qui, pouvant se payer les grands hôtels, les grands opéras et autres plaisirs peuvent se permettre d'oublier la dure réalité...


On n'est pas obligé de penser ainsi. A mon sens ce n'est pas le riche qui est coupable, mais l'idéologie culturelle. Cette idéologie donne à l'institution un mauvais gîte, malgré les mille bonnes volontés dont elle est constituée. Rien nous interdit de penser autrement.


Nous pensons qu'il est tout à fait possible de mettre en route une toute nouvelle manière d'opérer, (en l'occurrence sous le label ADLM ou SAFANE, l'un menant à l'autre), ce que propose le nouvel atelier urbain type Vaisseau ( ATUARA = atelier urbain pour artistes et artisans).


Autour du concept de safane vont se constituer des instruments permettant à chacun de travailler l'espace afin que là où il vit il puisse jouir de la richesse harmonique qui existe potentiellement en tous lieux.

Le concept du safane se différencie nettement de l'utilisation habituelle de la fonction artistique, comme elle se différencie aussi de la fonction architecturale.

Dans le cas du safane, l'espace est présent artistiquement en temps que tel.. Le safane est silencieux et apparemment absent. Ce n'est pas l'aménagement urbain, l'architecture, la sculpture ou la peinture murale qui fait le safane mais les harmoniques qu'il intensifie ou non, dans l'espace où nous sommes.

L'idéal pour un safane c'est que le travail artistique ne viennent pas au premier plan de l'attention qui peut ainsi se porter dans la sensation des harmoniques. C'est ainsi que l'on peut "se sentir chez soi".

La peinture murale telle que nous en faisons la promotion vise cette qualité, c'est pourquoi nous la voulons "intégrée" dans les autres fonctions et simplement là, discrètement, à disposition si l'attention a envie de s'y poser. Pour cela il faut disposer de "marges de manoeuvre". Le concept du safane considère la peinture murale comme un moyen de règlage. Elle n'est pas le seul instrument disponible. Il y a les murets, la sculpture, les rhéokaliphores, les végétaux, le mobilier urbain.

Les fonctions nécessaires à la vie dans une ville forment un amalgame, un entrelacement de mailles plus ou moins lâches qui laissent plus ou moins de "trous". Ce sont dans ces trous ( une maison abandonnée un certain temps, un passage non utilisé, un écriteau encore là bien qu'inutile) que les produits de fabrications humaines se marient à nouveau avec la nature.

Il y a des vieillissements et des croissances "non maîtrisées" qui laissent la place à un nouveau mariage. Parfois ce mariage s'opère dans la saison, parfois il faut attendre de longues dégradations ( donc de travail de la part de la nature).

Notre ambition est de favoriser activement l'union des deux beauté, celle de la nature et celle de l'homme. Comme cette union est un continu au sein des discontinus, donc une immensité, nous proposons quelques modules de safane, ce qui permet d'agir dans la limitation. C'est pourquoi nous nommons ces petites portions d'espace des SAFANES.

Où commence le safane, où se termine-t-il ?
Sa jonction avec l'environnement est le plus souvent floue ou progressive.
Dans une clairière, il y a bien un bord mais le mariage avec la forêt plus épaisse se fait progressivement. La nature a tout un art pour ces passages : on passe de la beauté de la clairière à la beauté de la forêt en passant par la beauté du seuil ou de la zone de passage.

Dans l'espace urbain ces passages existent mais ils sont rares surtout dans les zones où un contrôle et un nettoyage permanent enlève toute chance à la nature de se faire belle.
C'est pourquoi les endroits où l'on force l'animation ( dite manifestation culturelle) gardent une médiocrité de salle polyvalente.

Une ville au rythme contemporain ne laisse plus rien au hasard.
L'espace public est quadrillé d'exigences. Introduire des safanes est donc tout une affaire.

C'est pourquoi il est utile de définir une petite zône en prenant son centre dans une fonction, par exemple celle de celui qui s'assoit sur un certain banc public, ou encore de celui qui se promène sur tel tracé ou celle d'un point de vue etc.

A partir de là , et bien modestement on peut commencer à refaire "chanter l'espace".
C'est pourquoi placer une sculpture ou règler un mur par son crépis ou les couleurs, voir le décor ou l'image, disposer tel végétal, ce n'est pas "mettre en avant l'originalité artistique arranger un joli coin de nature végétale, mais intervenir dans une histoire subtile que se racontent les harmoniques en attente dans nos cadres de vie.

C'est une nouvelle (voire très ancienne) manière de promouvoir notre métier de peintre, sculpteur, dessinateur, bref de disciple des beaux-arts. Ce n'est pas par hasard que les écoles des Beaux-arts ont disparu un temps sous ce nom pour renaître actuellement.

Le métier d'artiste-plasticien est en train de s'adapter à la situation actuelle, s'enrichissant dun nouveau savoir-faire.Voilà pourquoi nous utilisons des néologismes tels que safane, transfigurbartiste, photestampe, héraultiade, dansilence, rhéokaliphores etc.

Antoine Piron ,Genève août 2007.